L’approche classique fournie au crédit manager une batterie de ratios qui sera le support de la prise de décision d’octroi ou de refus de la demande de financement.
Ainsi, l’analyse par la méthode des ratios fournira des guides et des indications notamment en repérant les tendances à une amélioration ou une détérioration des résultants en mettant en évidence des écarts importants par rapport à une norme moyenne ou relativement applicable.
C’est essentiellement dans l’interprétation des telles tendances et de tels écarts que l’analyste utiliser ses compétences, expérience, voire même son intuition.
II. Les limites de l’approche classique:
Les estimations de risque de défaillance traitées par les ratios ont été beaucoup remises en cause.
Les limites de l’analyse traditionnelle d’octroi de crédit proviennent essentiellement de:
* La subjectivité au niveau de l’analyse financière. * Les différentes méthodes comptables adoptées. * Le coût de traitement des demandes de financement. *L’inflation.
1.La subjectivité au niveau de l’analyse financière :
L’analyste financier commence par la collecte de toutes les informations concernant le fonctionnement et la structure financière de l’entreprise demandeuse de financement. Il passe en suite au diagnostic financier, en combinant toutes ces données et en confrontant l’ensemble de ces informations.
Pour ce faire, il se base sur son expérience acquise lors de l’étude des dossiers similaires et sur la comparaison de l’entreprise en question par rapport au secteur.
Cependant cette démarche ne permet pas de déterminer au mieux, pour une entreprise étudiée, sa capacité de remboursement pour deux raisons essentielles :
-L’absence de méthode quantitative objective qui utilise efficacement toutes les informations disponibles en vue de formuler une opinion motivée sur la solvabilité financière de l’entreprise ouvre le libre champ aux considérations subjectives de l’analyste financière. Ces dernières risquent de léser la répartition des efforts d’investigations proportionnellement au risque encouru.
-L’analyste financier se trouve face à des demandes de financement de plus en plus nombreuses et comportant des informations de plus en plus riches, la mémoire humaine étant limitée, des renseignements utiles peuvent donc se perdre.
2.Les différentes méthodes comptables adoptées :
Cette seconde limite réside dans les différentes constatées entre les méthodes comptables utilisées par les entreprises. Ceci rend la comparaison très difficile dans de nombreux cas, y compris à l’intérieur d’une même branche.
Les méthodes d’enregistrement et d’évaluation des actifs, des amortissements des charges, des dépenses varient avec la politique et le caractère de l’entreprise étudiée.
Par exemple, les différentes méthodes d’estimation des stocks laissent beaucoup de liberté à la direction tout comme les exigences de dépréciation sont susceptibles de grandes fluctuations.
3.Les coûts de traitement des demandes de financement :
Les organismes sont en compétence acharnée pour détenir des parts de marché de plus en plus importante d’où la recherche d’un coût de revient le plus faible possible.
Or l’approche classique repose en grande partie sur une intervention humaine d’où une certaine limite dans la vitesse de traitement des dossiers.
De plus, cette approche requiert des retraitements au niveau des états financiers réintégrant, par exemple, certaines informations du hors bilan d’où un coût supplémentaire.
4.L’inflation :
Les états financiers ne tiennent pas compte de l’inflation puis que le principe général de traitement est le coût d’origine ou historique.
L’accélération du taux de croissance des prix et l’évaluation comptables fondée sur les coûts d’origine ont pour conséquence principale une surévaluation des profits de la plus part des entreprises.
Les immobilisations, les stocks et les dettes à long terme sont les postes dont l’évaluation laisse le plus à désirer.
L’inflation soumet l’entreprise à deux forces contraires :
La première, lui est défavorable parce qu’elle fait augmenter le coût de l’option des stocks et des immobilisations et réduit les bénéfices, la seconde, lui est favorable parce qu’elle fait diminuer le coût réel des emprunts.
Les solutions possibles à ce problème de l’inflation sont nombreuses, on peut en retenir les deux principales :
-Evaluer les valeurs comptables en « unité monétaires constantes » en relevant la valeur numérique d’un indice des prix à la consommation à la date d’acquisition de chacun des biens puis en la divisant par la valeur numérique de chacune des autres années.
-La base de comptabilisation est le coût actuel ou la valeur de remplacement puis que cette fluctuation des prix résulte du progrès technologiques et de l’évolution des marchés qui font changer la valeur réelle de l’actif d’une société.
Toutes ces limites liées essentiellement à l’intervention humaine ont conduit les analystes financiers à chercher de nouvelles approches basées sur un traitement informatisé et une intervention humaine de moins en moins nécessaire ; d’où la naissance de l’approche statistique dans l’analyse du risque de défaillance à savoir le crédit scoring.